L’Australie en PVT, du rêve à la déception

L’Australie, le rêve d’une lycéenne

Pour vous raconter cette histoire il faut remonter quelques années en arrière, pendant mon cours de français de seconde. Assise sur ma chaise, près de la fenêtre à regarder les avions s’envoler, (j’ai grandi à côté d’un aéroport) je m’imaginais loin. Avec mon amie, assise à coté de moi on s’imaginait dans différents endroits, on parlait de ces terres lointaines, de bora bora, du parc d’Universal à Orlando et dans un coin de ma tête il y avait l’Australie. A la même époque j’avais rédigé sur un papier une sorte de bucket liste, à l’époque c’était juste la liste des choses que je veux faire dans ma vie, pas de nom sophistiqué. En top 1 de cette liste était écrit : aller en Australie. Pourquoi l’Australie ? Probablement attiré par cette inconnue qui semblait inatteignable, le rêve de parcourir le globe et son côté lointain.

Le retour d’un rêve oublié

Me voilà donc quelques années plus tard, six ou sept ans sont passés, en décembre 2018, après plusieurs mois de voyage, une année à l’étranger, de retour « à la maison ». Perdue quand à la suite, pleine de doute, sans direction et avec une peine de cœur je me suis demandée qu’elle était la suite. Je n’avais pas d’idée précise, j’étais en césure. J’avais une préférence : pas envie de rester là ou j’étais. Je savais que j’avais envie de rester quelques temps au même endroit, à l’étranger. Alors j’ai ressorti cette liste, faite des années plus tôt. En top 1 il y avait toujours : aller en Australie.

J’ai donc commencer à réfléchir aux logistiques. Que faire la-bas ? Certaines de mes amies avaient fait fille au pair et cela s’était très bien passé. J’ai décidé de tenter moi aussi. Cela me permettrait d’avoir un endroit ou aller, d’avoir une maison et un travail et de me poser pendant un temps.

J’ai fait taire mes doutes et j’ai commencé les démarches. J’ai contacté plusieurs familles, j’avais peur de ne pas être choisie et j’ai finalement choisie la première famille qui m’a dit oui. Est-ce que je ferais différemment aujourd’hui ? Peut-être. Une fois la famille trouvé, j’ai lancé la demande de visa et je suis partie en quête d’un billet d’avion.

Je suis partie le 14 janvier 2019, avec plus de 30 heures de voyages environ. Je suis arrivée à Perth le 16 janvier à 6 heures du matin.

Une fois sur place

Je suis arrivée au lever du soleil, après avoir traversé le globe, j’ai peu dormi et passé mes trajets d’avions à fixer l’écran et l’avion qui s’y déplaçait, ne croyant pas où j’étais. J’ai fait escale à Kuala Lumpur, je suis sortie de l’aéroport, dans l’air humide et tropical, à fixer la végétation devant moi, admirative. A Perth, je suis exténuée, je ne prenais peu compte de ce qui se passe autour de moi, me disant que j’aurais le temps d’en profiter plus tard. Je n’étais pas pressée, j’avais toute une année devant moi.

Très vite arrive le décalage horaire, la difficulté de dormir et ce sentiment bizarre de ne pas être à ma place dans la famille dans laquelle j’étais. Des remarques assez controlantes, des réflexions sur la façon de s’habiller … Etre en plein milieu de la famille, même quand je ne suis pas censé travaillé, donne une certaine difficulté au fait de changer d’air. Mais aussi à l’extérieur de la ville, dans un quartier uniquement résidentiel je me sentais un peu isolé.

Très vite j’ai eu envie de partir. Je le sentais pas. J’avais plus aimé le voyage jusqu’à Perth, le passage à l’aéroport de Kuala Lumpur que Perth elle même. J’ai commencé à me demander, est-ce que ce n’était pas le voyage plutôt que la destination qui m’intéressait ? J’avais quand même envie de me poser, de trouver cet endroit pour vivre quand lequel je me sentais bien. Je faisais taire mes petites voix qui avaient pensé rentrer. « Après tout je ne suis pas venu jusqu’ici pour rien. Je n’avais pas dépenser tous ces sous pour repartir et j’allais gâcher mon visa, cette opportunité rêvé. » Après quelques sorties à l’extérieur, au bord de l’océan et dans la ville, rien ne change. Je décide de partir de cette famille. Espérant que le fait de partir allait faire partir mon mal-être aussi.

Un sentiment de ne pas être à ma place

Je pars dans une auberge de jeunesse. Les auberges ça me connait, c’est mes hébergements préférés. Je pose mes affaires et je me dis que je réfléchirai à la suite le lendemain.

Dans mon auberge, énormément de français et d’allemand. Tous venus principalement pour une chose : faire de l’argent et la dépenser ensuite. Ça parle de destination, d’endroit à faire, de moyen de gagner le plus d’argent. J’avais l’impression d’être en France loin de la France. Je trouvais tous cela creux. J’étais partie en quête de quelque chose, j’étais partie pour me poser et développer mes projets personnels, marre d’être sur la route j’avais envie de construire quelque chose.

Je me sentais pas à ma place au milieu de ces autres pvtistes, déconnectés et ne recherchant pas la même chose. Dans la ville il me manquait quelque chose, un peu de caractère. Tout était nouveau, peu d’histoire, comme en plastique. J’ai eu l’impression de retrouver des codes sociaux américains énormément basés sur le paraître.

Il m’a fallu aller à l’autre bout du monde pour réaliser que ce n’était pas ce que je souhaitais, que j’avais basé mes envies sur les envies de la moi adolescente dont les expériences du monde l’avaient changé, elle et ses rêves. Petit à petit je réalisé que voyager pour voyager n’avait pas de sens pour moi et que j’avais d’autres aspirations à ce moment-là, j’avais déjà passer assez de temps sur la route.

Prendre la décision de rentrer

Le plus dur fut de l’accepter à moi-même. Il n’y a une grande pression sociale et non dit autour du pvt. C’est considéré comme l’opportunité d’une vie, une chose enviée par tout le monde. Ne pas en profiter c’est le gâcher. C’est même pour certains inconcevable. J’étais après tout là ou tout le monde voudrait être, l’endroit que personne ne veut quitter. C’est vu comme un échec.

Réussir à me dire : je suis pas bien ici, je n’aime pas ça, j’ai envie de rentrer, fut assez dur. Il y avait ces voix, les voix plus des autres que les miennes : « Tu es venu jusqu’ici, tu as payé le visa le billet d’avion et tu ne vas pas en profiter ? Tu vas gâcher ton argent. Pourquoi tu fais la difficile ? Tu devrais prendre sur toi. Tu devrais essayer plus. T’es folle ma petite … » Ces phrases qui sont le reflet de l’incompréhension et le jugement des autres. Ce sont des réflexions que j’ai eu autour de moi, lorsque j’émettais l’idée flou que peut-être je ne resterai pas très longtemps.

J’ai choisi de partir sans en parler à personne. Ni aux gens autour de moi à l’auberge, ni à mes amis. L’Australie en PVT ne me correspondait pas mais c’était très difficile pour les autres à comprendre. J’y ai passé deux semaines pesantes avant de trouver un billet à prix vraiment abordable pour Paris. Une expérience qui laisse beaucoup de monde perplexe mais qui m’a permis de mieux trouver mon chemin. Il m’a fallu qu’aller au bout du monde pour ça.

Je parle ici de mon expérience personnelle, pour relacher la pression sociale de devoir absolument aimer son pvt en Australie. Je ne dis pas que je n’ai pas aimé l’Australie en tant que pays, je suis sur qu’il y a plein de chose sympa et génial pour des vacances, par contre je n’ai pas aimé y rester pour y vivre.

Laisser un commentaire